Au-delà de 150 ans : Une reconnaissance du territoire cinématographique

13 mars 2017

En attendant l’arrivée prochaine de La Journée du cinéma canadien 150 (JCC 150), REEL CANADA a passé trois jours percutants à Vancouver afin d’honorer et de célébrer les cinéastes autochtones du Canada. Du 5 au 7 mars, REEL CANADA a présenté Au-delà de 150 ans : une reconnaissance du territoire cinématographique (Au-delà de 150 ans), en partenariat avec le Festival international du film de Vancouver (VIFF), l’Office national du film du Canada et la Banque TD.

L’initiative Au-delà de 150 ans a été amorcée dans le but de souligner la nature complexe des célébrations du sesquicentenaire du Canada. Pour célébrer le chemin parcouru par le Canada au cours des 150 dernières années, il faut aussi affronter de douloureuses vérités au sujet de notre histoire, reconnaître à qui appartient le territoire sur lequel se trouve le Canada, et s’interroger quant à comment améliorer les choses à l’avenir. Au-delà de 150 ans a mis de l’avant l’importance et l’impact du cinéma autochtone. C’est avec honneur que REEL CANADA a présenté, avec le plus grand des respects, certains des cinéastes autochtones les plus réputés participant au catalogue de l’organisation. À travers leur œuvre, ces cinéastes racontent les histoires des Premiers Peuples à leur manière et ajoutent leur voix à l’histoire que nous partageons. Au-delà de 150 ans a offert deux journées de projections cinématographiques, de causeries et de conférences d’artistes – une programmation ouverte au grand public et tout à fait gratuite.

Le coup d’envoi d’Au-delà de 150 ans a été donné le dimanche 5 mars avec une soirée d’ouverture animée par le prolifique Ronnie Dean Harris, alias Ostwelve (Stō:lo/St’át’imc/Lil’wat/N’laka’pamux). L’artiste multimédia, performeur et créateur du logo d’Au-delà de 150 ans a animé la réception et accueilli les invités. Le chef culturel squamish Bob Baker a prononcé le mot de bienvenue, laissant la place à une performance du groupe Spakwus Slolem (Eagle Song Dancers), suivie par la présentation d’œuvres audiovisuelles de l’artiste Bracken Hanuse Corlett (Wuikinuxv/Klahoose). Denise Bolduc, productrice principale de la création d’Au-delà de 150 ans et gestionnaire du programme autochtone de REEL CANADA, a souligné son statut d’invitée sur le territoire canadien et a remercié Bob Baker, Spakwus Slolem, tous nos partenaires et les membres de l’équipe ayant contribué à l’organisation de l’événement.

Les journées de lundi et de mardi ont vu offrir aux élèves des niveaux secondaire et postsecondaire, ainsi qu’au grand public de Vancouver, des occasions uniques d’assister à des projections cinématographiques et à des discussions interactives avec les cinéastes et les artistes à l’honneur. Lundi, la documentariste Alethea Arnaquq-Baril (Inuk) était présente lors des deux projections, devant salles combles, de son film primé Angry Inuk, qui explore les enjeux entourant la chasse au phoque, les préjugés basés sur la culture et  la sécurité alimentaire dans le Nord. Les élèves du secondaire ont impressionné la cinéaste par leur engagement et leurs questions pertinentes, et en soirée, les projections publiques à guichets fermés se sont terminées par une ovation et une période de questions de 40 minutes que personne dans l’auditoire ne voulait voir se terminer!

Lundi après-midi, deux courts métrages évocateurs réalisés par la cinéaste Lisa Jackson (Anishinaabe), Savage et Snare, ont été présentés. Les projections ont été suivies d’une causerie avec Jackson et l’universitaire Doreen Manuel (Secwepemc/Ktunuxa), coordonnatrice du programme de cinéma autochtone indépendant de l’Université Capilano. Ces dernières ont parlé longuement du processus cinématographique et de la relation complexe entre les histoires autochtones personnelles et collectives et la représentation artistique. Leurs propos nuancés et honnêtes ont captivé l’attention des spectateurs et leur ont tiré quelques larmes. Au cours de deux jours de sa représentation, les foules se sont massées pour voir le dernier projet de Jackson, Highway of Tears, un documentaire en réalité virtuelle (RV) viscéral et novateur portant sur les femmes autochtones disparues et assassinées en Colombie-Britannique le long de la tristement célèbre autoroute 16.

Le court métrage d’animation Mia’ de la cinéaste primée Amanda Strong (Michif) a lancé la programmation du mardi, et a été immédiatement suivi par la présentation du documentaire Kanehsatake: 270 Years of Resistance de la cinéaste réputée Alanis Obomsawin (Abenaki). Kanehsatake, film important au sujet des revendications territoriales des Autochtones, est aussi pertinent aujourd’hui que lors de sa sortie il y a 24 ans. En après-midi, Strong et Obomsawin ont présenté une causerie dirigée par l’artiste médiatique et activiste cérémoniale T’uy’t-tanat-Cease Wyss (Salish du littoral). Le dernier film de Strong, Four Faces of the Moon, a été présenté avec un montage des faits saillants de la brillante carrière d’Obomsawin. Les deux artistes partagent un lien unique en ce qu’elles représentent deux générations de femmes cinéastes autochtones. C’est d’ailleurs Strong qu’Obomsawin a choisie comme artiste de la relève récipiendaire de la somme de 50 000 $ en services après qu’Obomsawin ait remporté le Clyde Gilmour Technicolour Award en décembre dernier. Les deux femmes ont parlé de leur métier et des croisements entre l’art, la culture et l’histoire, et se sont entretenues avec un public enthousiasmé au sujet du pouvoir du cinéma, de l’importance de raconter son histoire et des enjeux auxquels sont confrontées les communautés autochtones d’aujourd’hui.

Dans la soirée de mardi, le film acclamé Atanarjuat: The Fast Runner, réalisé en 2001 par le cinéaste inuk Zacharias Kunuk, a été présenté. Premier long métrage de fiction canadien produit entièrement en inuktitut, le film a remporté le prix du meilleur film canadien de tous les temps du Festival international du film de Toronto (TIFF) en 2015. Avant la projection, le professeur et cinéaste Gregory Coyes (Métis) a donné une conférence sur le slow media et la notion du temps autochtone dans le corpus d’œuvres de Kunuk.

Au-delà de 150 ans a offert aux Canadiens une occasion de mettre de l’avant les premiers habitants du Canada. Les cinéastes et artistes autochtones sont forts d’un héritage qui s’étend bien au-delà de 150 ans. Les histoires qu’ils racontent parlent de pertes immenses, mais aussi de résistance, de résilience culturelle et d’espoir. REEL CANADA aimerait remercier tous ces conteurs et ces artistes pour leur contribution exceptionnelle au cinéma canadien, et pour leur travail d’ambassadeurs qui permet aux histoires de leurs peuples ainsi qu’à nos histoires partagées de rayonner.

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